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dimanche, 15 janvier 2006

L’Utopie, la Réalité, le Changement

Un petit aperçu d'un manuscrit qui date d'y a un petit moment, un brin utopiste, un brin pas-réaliste-du-tout, on dira que c'est un "écrit de jeunesse" :

L’Utopie, la Réalité, le Changement :

Trois termes, apparemment sans relations, mais qui ont une valeur forte. L’Utopie, c’est l’utopie qui gouverne l’humanité depuis son avènement, cette envie de vivre en égalité avec son voisin, de ne pas être dominé, de demeurer libre, sans contraintes, sans chaînes, sans sueur, ni larmes, ni sang à verser. La Réalité, c’est ce que nous subissons actuellement : l’individualisme, le mépris des classes dominantes, l’exploitation des nations sœurs, le « je-m’en-foutisme », la société de consommation, la cruauté, la violence, la peur. Le Changement, c’est l’espoir d’une nouvelle ère. En effet, ne serai-ce que désirer le Changement, c’est déjà changer un peu soi-même. Penser qu’une autre vie est possible, c’est avoir en tête un monde meilleur. C’est ici que l’on retrouve l’Utopie. Mais c’est ici aussi que l’Utopie rencontre la Réalité, ce qui crée la désillusion, le découragement, et c’est à cause de cela qu’on rentre dans le rang, qu’on se tait, qu’on se dit que « finalement le monde dans lequel on vit n’est pas si mal que ça ». On oublie l’Utopie, on se voile la face devant la Réalité, on ne désire plus le Changement. Mais combien sommes nous à agir ainsi ? Il faut que nous prenions conscience de notre Utopie commune, de notre envie de Changement et que l’on mette à bas définitivement cette Réalité corrompue, faisandée, gangrenée, pervertie, putride, pour qu’enfin de notre Utopie soit notre Réalité.
Comment peut-on résumer l’Utopie ? Et bien ce n’est pas si simple que ça en à l’air, car nous avons tous en tête un monde meilleur, pour nous, nos enfants, notre famille, nos amis. Cette utopie-là se crée à partir de nos envies, nos désirs, nos passions, nos pulsions. Et il n’est pas évident de connaître chaque utopie, car il y en a au moins autant, si ce n’est plus, qu’il y a d’individus capables de réflexion, autant dire un nombre incalculable.
Construisons l’Utopie. Quels sont apparemment les traits communs des désirs de l’humanité ? La paix, la liberté, l’égalité, et ce que nous appellerons la solidarité (qui est en fait une sorte de fraternité universelle qui pourrait se définir par le respect et l’entraide mutuels entre tous les individus). Voilà, cela pourrait suffire à créer ce monde meilleur tant désiré. Et puisque c’est ce que « presque tout le monde » veut, pourquoi n’est-ce pas déjà appliqué ? Et bien ce n’est pas appliqué tout simplement parce que c’est là que rentrent en compte les quatre mots, à première vue sans importance, qu’il y a dans la phrase précédente : « presque tout le monde». Que de significations derrière ces mots, que de haine, que de violence, que d’envies de meurtre, de pouvoir, de destruction. En effet, ce « presque tout le monde» résume à lui seul tout les mauvais côtés de l’humain, tout ce qui le fait pencher vers la Réalité (la notre, celle que nous subissons actuellement). Ceux qui ne sont pas « comme tout le monde » choisissent de se mettre à part et de ne pas penser « comme tout le monde ». Ils font en sorte (même si c’est souvent inconscient) que, quand on parle de l’Utopie, on ne puisse englober que « presque tout le monde ».
Que faire de cette minorité ? Il ne faut certainement pas le détruire, cela reviendrai à devenir comme elle, à prendre sa place. Il faut la raisonner. Il faut lui faire comprendre ce en quoi nous croyons, lui montrer ce qu’engendre la Réalité qu’elle crée, lui faire prendre conscience que sans le reste de l’humanité elle n’est rien, lui inculquer le Changement. Il faut lui faire comprendre qu’en se rangeant dans le camp du « presque tout le monde » elle choisit de sacrifier les rêves du reste de l’humanité car ce n’est que conjointement que nous arriverons à mettre en place, à faire fonctionner, et à manœuvrer l’Utopie, pour qu’enfin nous accédions au Changement.
Le Changement, comme nous l’avons vu tout à l’heure, c’est d’abord le fait de se dire qu’il peut y avoir « autre chose ». Cet « autre chose » c’est un monde meilleur que celui dans lequel nous sommes actuellement. C’est un monde où les humains seraient en paix avec leur environnement, où ils seraient libres, sans contraintes, et où la fraternité universelle serait la règle. C’est un monde qui est à portée de main, c’est une utopie accessible, un rêve réalisable.
Qu’est-ce qui fait que l’on n’applique pas ce Changement ? Toujours à cause de la minorité qui crée le « presque tout le monde ». Cette minorité certains l’appellent « la classe dominante », elle se charge de faire croire que le système qu’elle a créé est le seul qui soit viable, et nous répète à longueur de temps que l’Utopie n’est qu’un rêve, que de toute façon « ça serait le bordel si on essayait de l’appliquer ». Mais a-t-elle seulement essayé de penser au Changement ? Bien sûr que non, elle a trop peur de perdre sa place, ses pouvoirs, ses privilèges. Elle ne veut pas que le « prolo de base », la « ménagère », le « citoyen de seconde zone » prennent ses fonctions, ne la laissent plus faire ce qu’elle veut avec qui elle veut. Alors, avec ses belles paroles, elle fait croire au reste du monde qu’elle travaille à son service, que ce qu’elle fait de mal c’est pour, en fait, faire du bien. Elle dit que « de toute façon on a pas à s’intéresser à ses affaires parce que ça nous dépasse ». Elle tisse un tissu de mensonge qu’elle finit elle-même par croire. Elle s’oppose donc à tout Changement, en faisant croire qu’il serait néfaste pour nous, alors qu’il ne ferait de mal qu’à elle. Et encore ce mal ne serait fait qu’au niveau de ses relations avec les autres classes. Elle ne serait plus la « classe dominante », elle serait un groupe d’individu, fondu dans la masse, c’est cela qui l’horrifie. Il nous faut donc faire en sorte qu’elle se rende compte de sa situation, et qu’elle se mette à réfléchir sur sa condition, afin qu’elle aussi puisse entamer le changement.
Et une fois que tout le monde est prêt à changer la Réalité, et bien il n’y a plus qu’à en inventer une nouvelle.
Ce n’est pas un rêve, c’est une possibilité. Nous avons le pouvoir, nous sommes la masse. Nous voulons un réel changement, et nous avons la possibilité de l’obtenir. Il n’y a plus qu’à se mettre en marche sur le sentier de l’Utopie, et à ne plus accepter qu’on nous démoralise, qu’on détruise nos rêves et nos désirs. Nous avons le pouvoir, dés lors que l’on s’est inscrit dans le processus du Changement, de bouleverser la Réalité et de faire en sorte que l’Utopie n’en soit plus une, mais qu’elle devienne à son tour LA Réalité.